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Poèmes

Demain dès l'aube

le 07/11/2007 à 20h04
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo

Hommage à Timéo

le 02/11/2007 à 17h37
...Timéo...

Une histoire, son histoire...
et ces quelques mots en hommage :


Au levé du soleil, il souriait encore.
Comment a-t-on pu enlever ce trésor ?
Leur vie, à présent, pleine de sa mort
Est comme un parfum qui s'évapore.
La douleur qui émane de son sort,
Immuable, leur prend au corps.
Sa propre vie n'a pu qu'éclore.
Pour ce petit bout au coeur d'or
Admettez, ici, qu'on a eu tord.

.~*~.angelilly.~*~.

Sida

le 26/10/2007 à 09h52
D'abord une petite vidéo, oui encore une autre.

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Sida

Ta vie s'étiolle au fil des jours
Laissant ta jeunesse derrière toi
Tu as la "maladie d'amour"
Et elle t'emmène à petits pas

Il est des saints à gueule d'anges
Que l'on croirait enfants des dieux
Mais qui insidieusement s'arrangent
Pour, dans l'coeur te planter un pieu

Et ils sont là qui font les beaux
Et attirents dans leurs piègent mortels
Est assassin l'infâme salaud
Qui a tué dans un "je t'aime"

Puis la nouvelle, comme un seïsme
qui tombe à plat et qui résonne
Et moi, la reine de l'égoïsme
Reste là, plantée comme une conne !

Et voilà que l'espoir s'envole
Et ouvr' grand la porte de l'angoisse
J'me mets à prier des idôles
Que je n'ose regarder en face

Je les supplie, leur vend mon âme
Pour qu'il t'accorde un logn sursis
Pour que de magiques charmes
Ils te rendent ta si jeune vie

L'amour a beau nous rendre fort
Tellement de purs dangers le guettent
C'est comme flirter avec la mort
Même si on l'perds parfois d'la tête

angelle625
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La courbe de tes yeux

le 18/10/2007 à 10h15
La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.
Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards

Paul Eluard                         

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Je savais que ce serait toi...

le 12/04/2006 à 20h47

Je savais que ce serait toi
Avec cette petite bouche,
Avec ce front et cette voix,
Ce regard indécis qui louche.
Je savais que ta jeune chair
Aurait ces nacres veloutées,
Que tes mains tapoteraient l'air
Pour saisir la robe des fées.
Je savais la suave odeur
De lait pur qu'aurait ton haleine
Et quel choc effrayant ton coeur
Battrait sous la guimpe de laine.
Je sentais si bien tes pieds nus
Marcher dans mon douillet mystère
Que mon sang les a reconnus
Quand tu les posas sur la terre.
Comment ne t'aurais-je pas vu
Avec les yeux de ma pensée ?
Rien de toi ne m'est imprévu,
Petite âme que j'ai tissée.
Quand tu poussas ton premier cri,
Ce cri me sortait des entrailles ;
Mon souffle s'étire attiédi
Sur tes lèvres lorsque tu bâilles.
Jusqu'au bout de tes menus doigts,
Je me prolonge et me sens vivre ;
Comme au vent la feuille des bois,
Mon penchant incline à te suivre.
De l'ombre où je la retenais
Dans l'effroi de la clarté nue,
N'es-tu pas, enfant nouveau-né,
Une de mes formes venue
Afin que d'un rêve jaloux
Je goûte l'intime caresse
Et que je berce la tristesse
De mon âme sur mes genoux.

© La Table Ronde - 2002

 

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